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Goma : triple commémoration pour le bienheureux Floribert Bwana Chui, martyr de l’intégrité

La ville touristique de la RDC a vibré, le mercredi 8 juillet au rythme d’une triple célébration en l’honneur du Bienheureux Floribert Bwana Chui. Le diocèse de Goma a commémoré à la fois le premier anniversaire de sa béatification, le premier anniversaire de l’érection du sanctuaire qui lui est dédié, et le dix-neuvième anniversaire de son martyre. Une messe solennelle, présidée par Mgr Willy Ngumbi Ngengele, évêque du diocèse de Goma, a rassemblé des milliers de fidèles venus de toute la province ecclésiastique de Bukavu.

L’eucharistie, célébrée en plein air, a vu la participation d’une centaine de prêtres, de six diacres et de nombreux séminaristes. Mgr Théophile Kaboy, évêque émérite du diocèse, a concélébré cette liturgie placée sous le signe du souvenir et de l’engagement chrétien.

Dans son homélie, Mgr Willy Ngumbi a invité les fidèles à méditer sur la possibilité d’une sainteté vécue au cœur des réalités ordinaires, prenant appui sur la vie du Bienheureux Floribert. Il a ainsi questionné l’assemblée sur des dilemmes concrets : « Devant l’argent, comment te comportes-tu ? Face à la corruption, que disent les autres de toi si tu refuses ? On te dit que tu mourras pauvre. Combien de personnes sont chassées de leur emploi pour avoir volé ? Combien de femmes sont payées pour avorter ? »

L’évêque de Goma a souligné que le refus de transiger avec les principes moraux, même au prix de sa vie, est le chemin d’une authenticité chrétienne. « Si tu veux sauver ta vie seul, tu la perdras », a-t-il rappelé, en écho à l’évangile. Il a également insisté sur la valeur de l’honneur, qu’il a opposée à la toute-puissance de l’argent. « L’argent seul ne suffit pas dans tout. Il faut aussi penser à l’honneur », a-t-il martelé, voyant en Floribert Bwana Chui un bon exemple pour nous tous.

À l’issue de son enseignement, Mgr Willy Ngumbi a formulé plusieurs recommandations pastorales à l’attention des fidèles : pratiquer la prière en famille et au sein des communautés, lire régulièrement la Bible en groupe, participer aux campagnes d’évangélisation, effectuer un pèlerinage au sanctuaire d’adoration dédié au Bienheureux, soutenir les plus démunis comme il le faisait, et œuvrer à la paix et à la réconciliation dans les foyers et les communautés.

Ces orientations, inscrites dans la mémoire vive du jeune laïc congolais, visent à prolonger son héritage spirituel au-delà de la seule commémoration.

Né à Goma le 13 juin 1981, Floribert Bwana Chui bin Kositi s’est distingué très jeune par son engagement au sein de la Communauté de Sant’Egidio, où il a puisé une foi active au service des enfants de la rue et de la réconciliation. Diplômé en droit, il est nommé commissaire des douanes à l’Office Congolais de Contrôle (OCC) en 2007. C’est dans l’exercice de ces fonctions qu’il a opposé un refus catégorique à l’entrée de marchandises avariées, sacrifiant sa sécurité pour préserver la santé publique. Enlevé le 7 juillet, son corps est retrouvé deux jours plus tard, portant les stigmates de la torture.

Ce geste, reconnu comme un martyre de la foi et de la charité par le pape François en novembre 2024, a conduit à sa béatification à Rome le 15 juin 2025, présidée par le cardinal Marcello Semeraro.

Pour l’Église de Goma et pour la province ecclésiastique de Bukavu, la figure de Floribert Bwana Chui incarne une sainteté accessible, forgée dans les défis ordinaires de l’existence. Son refus de la corruption, son attachement à la justice et son souci des plus fragiles résonnent avec force dans une région meurtrie par les conflits et les crises humanitaires.

En ce jour de mémoire, son exemple demeure un appel à l’espérance et à la cohérence pour des générations qui voient en lui le visage d’un chrétien africain ayant donné sa vie par amour. À Goma, les cloches ont sonné pour rappeler que l’intégrité, même coûteuse, est toujours féconde.

Franklin MIGABO

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